Azimut230 est une association régionale pour l'étude et la protection des chauves-souris en Ile-de-France.

Un peu de science

Influence de la qualité des haies sur l’activité des chauves-souris à différentes échelles spatiales

 Lacoeuilhe A., Machon N., Julien J.F. et Kerbiriou C.

La biodiversité est menacée notamment par la perte des habitats et leur fragmentation. Le rôle des haies dans le maintien de la biodiversité est bien connu mais peu d’études ont montré l’importance des caractéristiques intrinsèques des haies et de la qualité des réseaux de haies à différentes échelles spatiales.

L’objectif de cet article est donc d’étudier, à différentes échelles spatiales du territoire, l’influence, sur l’activité des chauves-souris, de 3 indices de qualité des haies :

  • la densité des haies qui correspond à la somme de leurs longueurs en mètres à l’intérieur des zones tampons,
  • la diversité de structures des haies que nous avons calculé à partir de l’indice de Shannon (Shannon et Weaver, 1949) et d’une base de données décrivant les éléments linéaires du paysage dans cinq catégories: (1) alignement des arbres, (2) ripisylve, (3) des haies composées seulement des arbustes, (4) des haies boisées sans présence d’arbustes, (5) des haies composées de trois strates (arborées, arbustives et herbacée).
  • et la production de bois qui correspond à une mesure du volume de bois contenue par élément linéaire (en m3).

Nos résultats montrent l’importante de la quantité de haies (indice de densité) et de la qualité des haies (indice de diversité structurale et indice de production de bois) mais également l’intérêt de développer des réseaux de haies composées d’arbres de grandes tailles et de différents types (importance de l’hétérogénéité des habitats et niches écologiques). De plus, au-delà des rôles écologiques des haies pour les déplacements, la chasse et comme habitat notamment pour les chiroptères, et des services écosystémiques qu’elles offrent, l’indice de production de bois des haies montre l’importance de conserver et d’encourager le maintien des gros arbres et des arbres âgés à l’échelle du paysage.

Une des perspectives de cette étude est d’analyser l’influence de la typologie des haies par des approches fonctionnelles et des approches spécifiques (autre article en préparation).

Référence bibliographique
Lacoeuilhe, A., Machon, N., Julien, J. F., & Kerbiriou, C. 2016. Effects of hedgerows on bats and bush crickets at different spatial scales. Acta Oecologica, 71, 61-72.

Influence des faibles intensités lumineuses des éclairages artificiels nocturnes sur les Chiroptères

Lacoeuilhe A., Machon N., Julien J.F., Le Bocq A., Kerbiriou C.

La lumière artificielle est suspectée d’interférer avec les facteurs qui contrôlent l’activité de chasse. Elle peut influencer la phénologie des proies des chiroptères et le comportement de chasse des chiroptères. Il a ainsi déjà été noté par exemple que le moment de la sortie du gîte pouvait être affecté par la lumière. Nous avons donc analysé l’activité des chiroptères au cours de la première moitié de la nuit en faisant l’hypothèse qu’en fonction de leur sensibilité à la lumière artificielle, les espèces puissent avoir des patterns d’activités différents. L’effet de l’intensité lumineuse a été testé pour plusieurs espèces que nous avons détectées sur un site en zone Natura 2000 dans l’estuaire de la Loire. Nous avons donc étudié l’impact de relativement faibles intensités d’éclairage sur l’activité de chasse de plusieurs espèces en zone semi-naturelle (pâturage extensif avec fort maillage de haie).

Deux groupes ont ainsi été obtenus: 5 espèces tolérantes à la lumière (Pipistrellus pipistrellus, Pipistrellus kuhlii, Eptesicus serotinus, Nyctalus noctula etPipistrellus pygmaeus) dont l’activité augmente en fonction de l’intensité lumineuse et 3 taxons intolérants à la lumière (Nyctalus leisleri, Myotisspp. et Plecotusspp) dont l’activité diminue avec l’intensité lumineuse. Pour deux espèces nous n’avons pas trouvé de réponse significative (Barbastella barbastellusetPipistrellus Nathusii). Nous avons donc montré que même de faibles ou moyennes intensités semblent avoir un impact sur l’activité des chiroptères. Dans un deuxième temps, nous avons testé l’influence du type d’éclairage sur chacune des espèces détectées.

Référence bibliographique

Lacoeuilhe A., Machon N., Julien J.F., Le Bocq A., Kerbiriou C. The influence of low intensities of light pollution on bat communities in a semi-natural context. PlosOne9(10): e103042